S’organiser pour en faire moins : réduire sa charge mentale sans tomber dans l’hyperproductivité

Cet article a été inspiré par un commentaire sous une vidéo de notre chaîne familiale en disant que nos vidéos étaient un peu ennuyeuses parce que nous étions souvent à la maison. Franchement, ça m’a fait sourire, parce que c’est vrai : je suis très souvent chez moi, mes journées se ressemblent beaucoup et je déteste l’imprévu.

Vu de l’extérieur, cela peut donner l’image d’une vie très routinière, presque trop calme, pourtant, cette simplicité n’est pas le résultat d’un manque d’ambition ou d’une vie qui se serait réduite avec le temps. Elle est au contraire en grande partie le résultat d’un travail d’organisation, de simplification et de choix.

C’est là que ma manière de voir l’organisation diffère peut-être de ce que l’on associe habituellement à la productivité. Je ne m’organise pas pour remplir mes journées davantage, je m’organise pour qu’elles soient plus légères.

Pendant longtemps, nous avons associé l’organisation à l’idée de faire plus, d’optimiser chaque heure, d’enchaîner les tâches avec efficacité et de réduire au maximum les temps morts. Pourtant, une organisation utile n’a pas forcément pour objectif d’augmenter notre production, elle peut aussi servir à réduire la quantité de décisions à prendre, la charge mentale à porter et les efforts inutiles à fournir. C’est cette forme d’organisation qui m’intéresse aujourd’hui.

L’organisation peut servir à réduire la charge mentale

Nous avons tendance à penser que ce sont les grandes responsabilités qui nous fatiguent le plus, en réalité, une partie importante de notre fatigue quotidienne vient aussi de l’accumulation de petites choses à garder en tête.

Il faut penser à un rendez-vous, décider ce que l’on va manger, ne pas oublier un papier, prévoir les courses, répondre à un message, anticiper une tâche, se rappeler ce qui doit être fait demain. Aucun de ces éléments n’est particulièrement difficile en soi, mais leur accumulation crée une forme de bruit mental permanent.

C’est ce que l’on peut rapprocher de la fatigue décisionnelle : plus nous passons notre journée à prendre des décisions, même minuscules, plus nous sollicitons notre énergie mentale.

Je le vois très concrètement dans mon quotidien, et pour réduire le nombre de ces petites décisions, je mange quasiment toujours le même petit-déjeuner depuis un moment : du pain complet, du fromage, du jambon de dinde et mon latte au lait de soja. Cela peut sembler anecdotique, mais cette routine remplit plusieurs fonctions à la fois : elle correspond à mes objectifs de santé, elle me convient et surtout elle m’évite d’avoir à demander chaque matin ce que je vais manger.

Ce n’est qu’une petite décision en moins, mais c’est précisément ce type de décisions que j’aime retirer de mes journées lorsqu’elles n’ont pas besoin d’être renouvelées en permanence.

Une routine devient alors intéressante lorsqu’elle permet de décider une fois pour ne plus avoir à redécider tous les jours.

Cela vaut pour l’alimentation, mais aussi pour certaines tâches ménagères, l’organisation familiale ou le travail. L’objectif n’est pas de transformer sa vie en système rigide, mais au contraire de rendre automatiques les choses qui ne nécessitent pas notre attention afin de l’accorder à ce qui compte vraiment.

Toutes les décisions ne méritent pas la même quantité d’énergie

Il existe aujourd’hui une forme de valorisation permanente du choix. Avoir beaucoup d’options est souvent présenté comme une liberté supplémentaire alors qu’en réalité, avoir à choisir constamment peut devenir épuisant.

Plus nous cherchons à réinventer chaque détail de notre quotidien, plus nous créons de nouvelles microdécisions.

Que vais-je manger aujourd’hui ? À quelle heure vais-je faire cette tâche ? Quand vais-je nettoyer la maison ? Quel système vais-je utiliser pour m’organiser ? Est-ce que je réponds maintenant ou plus tard ?

À force, la journée peut devenir une succession de choix qui donnent l’impression d’être occupé en permanence sans forcément avancer sur ce qui est réellement important et c’est précisément pour cette raison que j’aime rendre certains aspects de ma vie prévisibles.

La prévisibilité est souvent mal vue parce qu’on l’associe à l’ennui, mais elle peut aussi être une manière très efficace de protéger son énergie.

Lorsque je sais ce qui m’attend, je n’ai pas besoin de reconstruire ma journée mentalement à chaque instant. Cette stabilité me permet paradoxalement d’être beaucoup plus disponible pour l’imprévu lorsqu’il est réellement important, ou pour les projets qui nécessitent davantage de réflexion.

Une routine utile doit libérer, pas enfermer

Le problème n’est donc pas la routine en elle-même mais plutôt ce qu’elle engendre. Ainsi, une routine qui devient une contrainte supplémentaire, que l’on suit uniquement parce qu’on pense « devoir » la respecter, peut évidemment devenir lourde. À l’inverse, une routine pensée pour supprimer une charge récurrente peut rendre le quotidien beaucoup plus fluide.

C’est exactement le rôle de ce que j’appelle chez nous le Reset Sunday. Depuis plusieurs années, le dimanche est le moment où toute la famille remet la maison à zéro. Nous commençons la matinée tranquillement, puis pendant environ deux heures chacun s’occupe de ses tâches. Au bout des deux heures, les sols sont faits, les salles de bain nettoyées, le linge plié et rangé, les surfaces remises en ordre, la maison est propre et prête pour démarrer une nouvelle semaine.

Vu de l’extérieur, cela peut sembler être une grosse session de ménage très organisée, pourtant, ce n’est pas la partie la plus intéressante, en effet, ce qui compte surtout, c’est ce qui se passe ensuite …

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Pendant le reste de la semaine, je n’ai quasiment plus à penser au ménage de fond, je fais évidemment ce qui est nécessaire après les repas ou dans le quotidien, mais je n’ai plus cette impression permanente qu’il faudrait nettoyer quelque chose.

Autrement dit, deux heures très cadrées le dimanche me permettent ensuite de libérer plusieurs jours de charge mentale.

C’est cela, pour moi, une bonne routine : elle concentre un effort à un endroit pour éviter qu’il se diffuse partout ailleurs.

L’efficacité ne consiste pas toujours à aller plus vite

Nous parlons énormément d’efficacité et de productivité, notamment dans le monde du travail et de l’entrepreneuriat mais nous confondons souvent efficacité et vitesse.

Lorsque nous cherchons à gagner du temps, notre premier réflexe consiste souvent à nous demander comment faire une tâche plus rapidement.

Comment passer de trente minutes à quinze minutes ? Comment automatiser une étape ? Comment optimiser un process ?

Ces questions peuvent être utiles, mais il en existe une autre, souvent plus radicale : est-ce que cette tâche doit réellement exister ?

C’est une question que je me pose beaucoup plus aujourd’hui parce que la meilleure manière de gagner du temps n’est parfois pas de réussir à faire quelque chose plus vite, mais de décider que cette chose n’a plus sa place dans notre quotidien.

Dans mon business, j’ai énormément simplifié ma manière de travailler, j’automatise certaines tâches, j’utilise l’intelligence artificielle avec ma collaboratrice, je délègue ce qui peut l’être et surtout j’ai supprimé beaucoup de choses.

Certaines tâches que je faisais autrefois n’ont pas été améliorées ou accélérées, elles ont simplement disparu.

Et c’est probablement l’une des évolutions les plus importantes dans ma façon de travailler, nous pouvons passer énormément de temps à optimiser des tâches qui ne méritaient peut-être déjà plus d’exister.

Éviter l’effort inutile ne signifie pas refuser l’effort

Il y a également une confusion fréquente entre vouloir simplifier sa vie et vouloir éviter tout effort.

Je ne cherche pas à supprimer l’effort nécessaire, je cherche plutôt à identifier celui qui n’apporte rien.

Cela se retrouve dans des choses très banales, comme la cuisine, par exemple, lorsque je prépare un repas, je commence généralement par sortir tous les ingrédients et les ustensiles dont j’ai besoin. Pendant que quelque chose cuit, je range ce que j’ai utilisé et je nettoie mon plan de travail. De cette manière, au moment où le repas est prêt, une grande partie de la cuisine est déjà rangée.

Ce n’est pas révolutionnaire, mais cela évite une deuxième tâche plus tard.

De la même manière, j’essaie de préparer des repas rapides en semaine parce que je n’ai pas envie de consacrer une heure chaque soir à quelque chose qui, pour moi, n’a pas besoin de prendre autant de temps et le midi, il m’arrive très souvent de composer une salade avec ce qu’il reste dans le réfrigérateur en quelques minutes.

Là encore, l’objectif n’est pas de vivre le plus vite possible, il s’agit plutôt de regarder honnêtement la place que nous souhaitons consacrer à chaque activité.

Tout ne mérite pas une heure, tout ne mérite pas une organisation complexe, tout ne mérite pas notre meilleure énergie.

Le vrai objectif de l’organisation peut être de créer du vide

C’est probablement le changement le plus important dans mon rapport à l’organisation.

Pendant longtemps, comme beaucoup de personnes attirées par la productivité, j’ai eu tendance à considérer le temps libre comme un espace à optimiser lui aussi.

Lorsque l’on devient plus efficace, on peut très facilement remplir immédiatement la place que l’on vient de libérer.

Une tâche prend moins de temps ? On en ajoute une autre.

Une matinée se libère ? On lance un nouveau projet.

Un système permet de gagner une heure ? On cherche immédiatement comment rentabiliser cette heure.

Le problème est qu’à ce rythme, l’efficacité n’allège jamais réellement nos vies.

Elle nous permet simplement d’y faire entrer davantage de choses.

Aujourd’hui, je fais presque l’inverse.

Une fois les enfants déposés à l’école, je vais souvent à la salle de sport, je rentre, je prends mon petit-déjeuner et je travaille en moyenne deux heures. Très souvent, l’après-midi n’est pas planifié.

Je peux regarder un K-drama, boire un latte, m’installer sur le canapé ou simplement ne rien faire.

Il y a quelques années, j’aurais probablement ressenti le besoin de rendre ce temps utile. Aujourd’hui, je ne le vois plus comme un espace perdu, au contraire, je le considère comme une partie volontaire de ma journée.

Et cette distinction est essentielle : ce vide n’existe pas parce que j’aurais échoué à remplir ma journée, il existe parce que je l’ai protégé.

Pourquoi avons-nous autant de mal avec les journées simples ?

Nous vivons dans une culture qui valorise beaucoup ce qui est visible : les projets, les activités, les voyages, les réalisations, les emplois du temps remplis. À l’inverse, une journée simple peut donner l’impression qu’il ne s’est rien passé.

Pourtant, une vie ne devient pas automatiquement plus riche parce qu’elle contient davantage d’activités, d’ailleurs mes journées préférées sont souvent extrêmement simples.

Vu de l’extérieur, ma vie peut sembler pleine de mouvement : j’ai vécu dans plusieurs pays, je suis entrepreneure, j’ai écrit un livre, je crée des vidéos et j’ai encore beaucoup de projets.

Mais à côté de cela, mon quotidien, lui, est volontairement beaucoup plus calme : je suis souvent à la maison, je fais du sport, je travaille peu et je passe beaucoup de temps dans un environnement familier.

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Pendant longtemps, je pense que j’aurais eu du mal à assumer complètement cette contradiction apparente, aujourd’hui, je la trouve au contraire très cohérente. Les grandes expériences n’ont pas besoin d’occuper chaque journée.

Le repos n’est pas un dysfonctionnement du système

Notre manière d’organiser nos journées révèle aussi beaucoup notre rapport au repos.

Si l’on considère que toute période sans activité est du temps perdu, le repos devient presque un problème qu’il faudrait justifier.

Désormais, Je fonctionne très différemment, ainsi, dans une même journée, je peux aller m’allonger plusieurs fois pendant quelques minutes afin de récupérer. Mon mari plaisante souvent à ce sujet, et moi j’appelle ça ma station de recharge.

Ce qui m’intéresse ici n’est pas de défendre une technique particulière de récupération, mais plutôt de remettre en question une idée très présente : celle selon laquelle l’efficacité suppose d’être constamment en activité.

Je constate exactement l’inverse chez moi, lorsque je protège mon énergie, je suis beaucoup plus efficace dans les moments où j’ai réellement besoin de l’être.

Le repos ne vient donc pas interrompre ma productivité. Il fait partie du système qui me permet de fonctionner correctement.

L’organisation n’a de sens que si elle sert la vie que l’on veut mener

Cette réflexion devient encore plus importante lorsqu’elle touche au travail.

L’entrepreneuriat nous expose facilement à une logique d’expansion permanente : il faudrait faire davantage, produire davantage, être présent sur davantage de plateformes, lancer de nouveaux projets, développer son chiffre d’affaires et optimiser en permanence son organisation.

Cependant, une entreprise peut parfaitement grandir d’une manière incompatible avec la vie que l’on souhaitait initialement construire.

Je travaille aujourd’hui en moyenne deux heures par jour, certains jours davantage, d’autres jours pas du tout et, pour que cela fonctionne, je dois évidemment faire des choix très clairs sur ce que je fais moi-même, ce que je délègue, ce que j’automatise et ce que je supprime.

Mais derrière toutes ces décisions existe une question plus importante : quel type de vie mon business est-il censé soutenir ?

J’ai encore beaucoup d’ambition. J’ai envie de développer cette chaîne YouTube, d’écrire d’autres livres et de construire de nouveaux projets.

En revanche, je ne veux plus accepter automatiquement l’idée que l’ambition doit se traduire par une vie toujours plus remplie. Je préfère construire mes projets autour de la vie que je veux conserver plutôt que construire ma vie autour de mes projets.

Et cette inversion change complètement la manière de penser la croissance.

Simplifier demande parfois plus de clarté que d’ajouter

Il est assez facile d’ajouter une nouvelle habitude, une nouvelle méthode ou un nouvel outil, en revanche, il est beaucoup plus difficile de décider que quelque chose n’est plus nécessaire.

Et, lorsque l’on cherche réellement à alléger sa vie, c’est souvent ce deuxième travail qui devient essentiel.

Qu’est-ce que je peux arrêter de faire ?

Qu’est-ce qui n’a plus besoin d’être décidé chaque semaine ?

Qu’est-ce qui pourrait devenir une routine simple ?

Qu’est-ce qui peut être automatisé, délégué ou regroupé ?

Quelles tâches continuent uniquement parce que j’ai toujours fonctionné ainsi ?

Ces questions sont parfois plus utiles que de chercher encore un nouvel outil de productivité parce qu’une organisation efficace n’est pas forcément celle qui permet de gérer parfaitement une vie compliquée. Elle peut aussi consister à rendre la vie elle-même moins compliquée.

Une vie calme n’est pas nécessairement une petite vie

Je crois que c’est finalement l’idée que j’assume le plus aujourd’hui.

Une vie calme n’est pas forcément une vie sans ambition, sans projet ou sans mouvement.

Nous pouvons vouloir accomplir de grandes choses sans vouloir que notre quotidien soit constamment intense.

Nous pouvons aimer les voyages tout en aimant énormément rester chez nous.

Nous pouvons construire une entreprise tout en protégeant des après-midis vides.

Nous pouvons être ambitieux tout en refusant de faire de la productivité une identité.

Pendant longtemps, j’ai peut-être eu tendance à considérer l’organisation comme une manière de mieux contrôler ma vie, aujourd’hui, je la vois presque de manière opposée : je prépare suffisamment certaines choses pour pouvoir ensuite lâcher prise sur le reste.

Je crée des routines pour avoir moins à décider, je simplifie pour avoir moins à gérer et je protège mon temps parce que je ne veux plus que l’ambition occupe tout l’espace disponible.

Vu de l’extérieur, mon quotidien peut probablement paraître très routinier, voire un peu boring, mais cette simplicité n’est pas arrivée par hasard. Elle est en grande partie le résultat d’années passées à réfléchir à la manière dont je voulais réellement vivre.

Et c’est peut-être finalement le rôle le plus intéressant de l’organisation : non pas nous aider à faire entrer davantage de choses dans nos journées, mais nous permettre de retirer suffisamment de bruit pour reconnaître la vie qui nous convient vraiment.

S’organiser ne devrait pas servir à remplir encore davantage ses journées. Cela peut aussi être une manière de clarifier ce qui compte, de réduire le bruit et de laisser plus de place à ce que l’on veut vraiment vivre.

C’est dans cette logique que j’ai créé le Weekly Planner : un espace simple pour prendre du recul, définir ses priorités et éviter de transformer chaque semaine en une accumulation de tâches à terminer.

Si vous avez envie de remettre davantage d’intention dans votre organisation, vous pouvez télécharger le Weekly Planner ici.

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