Pendant longtemps, j’ai pensé que j’étais déjà plutôt raisonnable avec les objets.
Ma maison n’était pas particulièrement encombrée, je n’avais pas le sentiment d’acheter énormément et je m’intéressais déjà au minimalisme. En réalité, il m’a fallu quitter la France pour comprendre à quel point notre perception de ce que nous possédons peut être trompeuse.
Quand nous avons décidé de partir vivre à l’île Maurice, nous avons dû faire quelque chose que la plupart d’entre nous repoussons constamment : choisir ce qui méritait réellement de continuer à faire partie de notre vie.
Il ne s’agissait plus de déplacer quelques cartons d’une maison à une autre. Nous changions de pays avec nos enfants et j’avais décidé que chacun partirait avec une valise en soute et une valise cabine.
Autrement dit, il fallait trancher.
Et c’est au milieu de mes vêtements, de mes objets et de toutes ces choses accumulées au fil des années que j’ai compris que je possédais finalement beaucoup plus que ce dont j’avais réellement besoin.
Six ans et plusieurs déménagements internationaux plus tard, cette expérience a profondément changé ma façon de consommer. Mais ce que je n’avais pas prévu, c’est que cette philosophie finirait aussi par influencer ma manière de travailler, d’organiser mon temps et même de construire mon entreprise.
Parce qu’avec le recul, je ne crois pas que mon minimalisme ait réellement quelque chose à voir avec le nombre d’objets que je possède.
Il est surtout devenu une manière de protéger ma liberté.
Je ne cherche pas à devenir une minimaliste parfaite
Quand on parle de minimalisme, une image assez caricaturale apparaît rapidement.
Quelques vêtements parfaitement alignés dans une penderie presque vide, très peu de meubles, aucune décoration inutile et une sorte de compétition silencieuse autour de celui qui réussira à posséder le moins de choses possible.
Ce n’est absolument pas ma façon de vivre.
J’aime le confort. J’aime dormir dans une bonne literie, manger de bons produits, avoir une maison agréable et conserver certains objets simplement parce qu’ils me plaisent.
Mon Thermomix pourra d’ailleurs probablement témoigner qu’il bénéficie d’un statut particulier puisqu’il me suit de pays en pays. 😅
Je ne cherche donc pas à supprimer tout ce qui n’est pas strictement indispensable.
Et je ne vais pas non plus présenter mon rapport au minimalisme comme une démarche écologique militante si ce n’est pas ce qui m’a amenée là.
Ce qui m’intéresse est beaucoup plus simple : je veux choisir consciemment ce à quoi je donne de la place.
De la place dans ma maison, bien sûr, mais aussi dans mon budget, dans mon agenda et dans ma tête.
C’est probablement là que ma définition du minimalisme s’éloigne le plus de l’image que l’on en donne parfois.
Je ne me demande pas « comment pourrais-je posséder encore moins ? » mais plutôt « est-ce que cela mérite réellement une place dans ma vie ? ».
Et cette question change énormément de choses.
Le jour où mes possessions ont dû justifier leur place
Tant que nous vivons au même endroit, nous pouvons conserver énormément de choses sans jamais vraiment nous interroger sur leur utilité. Un vêtement reste dans un placard, une boîte au fond d’un rangement, un objet sur une étagère. Rien ne nous oblige à décider s’il mérite encore d’être là.
Un déménagement international change complètement cette dynamique.
Quand nous avons préparé notre départ pour l’île Maurice, chaque objet a dû être regardé autrement. Il ne s’agissait plus simplement de savoir si je l’aimais encore un peu, mais s’il méritait réellement de faire partie de ce que nous allions emporter avec nous.
C’est là que je me suis rendu compte du nombre de vêtements que je gardais alors que je ne les portais plus depuis longtemps. Certains n’étaient plus à ma taille, d’autres étaient légèrement abîmés, et quelques-uns ne me plaisaient tout simplement plus. Pourtant, ils étaient toujours là.
Je crois que nous faisons souvent cela parce que nous avons déjà investi de l’argent dans quelque chose. Nous avons du mal à nous en séparer parce que nous avons le sentiment que cela reviendrait à reconnaître que cet achat n’était finalement pas si utile.
C’est ce que l’on appelle le biais des coûts irrécupérables. Plus nous avons investi dans quelque chose, plus nous avons tendance à vouloir continuer à lui donner une place, même lorsqu’il ne nous sert plus réellement.
Ce mécanisme est assez facile à observer avec un vêtement ou un objet. Il devient beaucoup plus intéressant lorsqu’on réalise que nous faisons exactement la même chose dans d’autres domaines de notre vie.
Nous pouvons nous accrocher à un projet, une stratégie ou une manière de travailler simplement parce que nous avons déjà consacré beaucoup de temps ou d’énergie à les construire. Pourtant, le fait d’avoir investi dans quelque chose hier ne signifie pas nécessairement que cela mérite encore une place aujourd’hui.
Avec le temps, j’ai appris à regarder davantage ce qui me sert réellement dans ma vie actuelle, plutôt que ce que j’ai déjà payé ou construit dans le passé.
Le minimalisme m’a surtout appris à rester mobile
Depuis notre départ de France, nous avons connu plusieurs grands déménagements. Nous avons quitté la France pour l’île Maurice, changé de maison sur place, puis quitté l’île pour nous installer aux États-Unis.
À chaque étape, j’ai ressenti de plus en plus fortement mon besoin de rester mobile.
Je n’ai jamais envie que mes possessions deviennent une raison de ne pas bouger. Je ne veux pas que le simple fait de posséder trop de choses rende un déménagement si lourd qu’il devienne presque un frein à une décision de vie.
Cette manière de penser a progressivement changé ma façon de consommer.
Avant d’acheter quelque chose, je ne regarde plus uniquement son utilité immédiate ou le plaisir que l’objet peut me procurer au moment de l’achat. J’essaie aussi de me projeter dans le temps. Je me demande si je vais réellement l’utiliser régulièrement, si je l’aimerai encore dans plusieurs années et si sa présence dans ma vie est justifiée.
C’est une réflexion très simple, mais elle évite beaucoup d’achats impulsifs.
Je fonctionne de la même manière avec le linge de maison ou les vêtements. Je n’ai pas besoin de multiplier les objets pour avoir le sentiment d’être bien équipée. Deux housses de couette me suffisent parfaitement, parce qu’elles répondent à mon besoin réel.
L’idée n’est pas de créer une règle universelle sur le nombre de possessions qu’il faudrait avoir. Ce qui compte, c’est de savoir si ce que l’on possède améliore véritablement notre quotidien ou s’il ne fait qu’ajouter de la matière à gérer.
Posséder moins ne libère pas seulement de l’espace physique
Depuis longtemps, je remarque que les espaces épurés m’apaisent.
Ce n’est pas uniquement une question esthétique. Lorsque mon environnement est plus simple, je ressens aussi davantage de calme mental.
Tout ce que nous possédons demande une forme d’attention, même minime. Les objets doivent être rangés, nettoyés, entretenus ou déplacés. Ils prennent de la place dans notre maison, mais aussi parfois dans notre esprit.
Pris séparément, rien de tout cela ne semble particulièrement lourd. C’est l’accumulation qui finit par créer du bruit.
On le voit très facilement avec les rangements. Dès que nous ajoutons une commode, une armoire ou plusieurs tiroirs, nous finissons presque toujours par les remplir. L’espace disponible crée naturellement l’envie de l’occuper.
Ce mécanisme m’a beaucoup fait réfléchir parce qu’il ne concerne pas uniquement la maison.
Nous avons tendance à remplir tout ce qui est disponible.
Notre temps, notre agenda, nos outils numériques, notre esprit et parfois même notre entreprise.
C’est probablement à ce moment-là que j’ai compris que le minimalisme pouvait devenir beaucoup plus qu’une simple manière d’organiser son intérieur.
J’ai fini par appliquer la même philosophie à mon business
Avec le temps, j’ai commencé à appliquer exactement la même logique à mon entreprise.
Aujourd’hui, je travaille en moyenne deux heures par jour, mais ce fonctionnement ne repose pas seulement sur le fait de réduire mon temps devant l’ordinateur. Il nécessite aussi un business suffisamment simple pour ne pas me demander constamment de gérer une complexité inutile.
Pendant longtemps, comme beaucoup d’entrepreneurs, j’ai utilisé différents logiciels pour répondre à chaque besoin spécifique de mon activité. Aujourd’hui, j’essaie au contraire d’en utiliser le moins possible.
Un outil supplémentaire peut sembler anodin, mais il crée souvent tout un environnement autour de lui. Il faut le paramétrer, apprendre à s’en servir, éventuellement le connecter à d’autres outils, maintenir ces connexions et payer son abonnement.
La même logique s’applique à une équipe.
Je travaille aujourd’hui avec une seule collaboratrice, et ce modèle me convient parfaitement. Je préfère avoir une personne très efficace, qui connaît bien mon univers et avec laquelle la communication est fluide, plutôt que de multiplier les collaborateurs simplement parce qu’une entreprise qui grandit serait censée avoir une équipe toujours plus importante.
Une équipe plus grande peut évidemment être nécessaire selon le modèle économique. Mais elle implique aussi davantage de management, de communication, de coordination et de décisions.
C’est exactement comme dans une maison : chaque chose supplémentaire finit par demander un peu plus d’attention.
Simplifier son business ne signifie pas manquer d’ambition
Je crois que l’un des pièges de l’entrepreneuriat est de nous faire croire que la croissance passe forcément par l’ajout.
Une nouvelle offre, un nouveau canal de communication, un nouvel outil, une nouvelle stratégie ou une nouvelle personne dans l’équipe peuvent tous être utiles.
Le problème n’est pas d’ajouter.
Le problème apparaît lorsqu’on ne se demande plus si cet ajout améliore réellement l’ensemble.
On peut très facilement construire un business plus grand sur le papier, mais aussi beaucoup plus lourd à vivre.
J’ai moi-même longtemps associé le développement d’une entreprise à davantage de structure, davantage de travail et davantage de complexité.
Aujourd’hui, je pense presque l’inverse.
Je préfère chercher ce qui crée réellement de la valeur, ce qui est utile pour mes clients et ce qui mérite mon énergie.
Tout le reste peut être questionné.
C’est d’ailleurs la logique que j’applique à mon organisation hebdomadaire. Mon Weekly Glow CEO Planner ne me sert pas à faire entrer le plus de tâches possible dans une semaine. Il m’aide plutôt à identifier ce qui mérite réellement mon attention.
Une bonne organisation ne consiste pas toujours à mieux remplir son agenda.
Elle peut aussi consister à savoir ce que l’on peut retirer.
→ Télécharger gratuitement le Weekly Glow CEO Planner
Tout n’a pas besoin d’être reconstruit
J’ai récemment eu une conversation très intéressante avec une cliente pendant une consultation stratégique The Reset.
Elle souhaitait refaire complètement son offre principale.
Le mot « refonte » m’a immédiatement interpellée parce qu’il donne l’impression qu’il faut tout démonter pour reconstruire depuis le début.
Pourtant, en regardant la situation de plus près, son offre fonctionnait déjà. Elle se vendait et ses clientes étaient satisfaites.
Il n’y avait donc pas forcément besoin de repartir de zéro.
Certaines parties pouvaient être réorganisées. D’autres pouvaient être simplifiées ou actualisées. Quelques éléments pouvaient être supprimés ou ajoutés.
En réalité, le besoin n’était pas de reconstruire toute l’offre, mais de prendre quelques décisions stratégiques.
Je trouve que nous faisons souvent la même chose dans nos entreprises. Dès que quelque chose ne nous convient plus totalement, nous avons tendance à imaginer un chantier beaucoup plus important que nécessaire.
Une offre devient un peu lourde, alors nous pensons qu’il faut tout refaire.
Une organisation nous fatigue, alors nous cherchons un nouveau système complet.
Une stratégie fonctionne moins bien, alors nous voulons la remplacer immédiatement.
Pourtant, une évolution n’exige pas toujours une rupture. Parfois, il suffit de simplifier ce qui existe déjà.
Au fond, mon minimalisme protège surtout ma liberté
Aujourd’hui, si je devais expliquer pourquoi je continue à vivre avec relativement peu de possessions, je parlerais probablement moins de rangement que de liberté.
Le minimalisme me permet de garder de l’espace autour de moi et en moi.
Il me permet de rester mobile, de changer de pays si notre vie nous y conduit, de faire évoluer mon business et de modifier ma façon de travailler lorsque cela devient nécessaire.
Plus nous accumulons, plus nous créons parfois des attaches invisibles.
Ce ne sont pas seulement des objets. Ce peuvent être des obligations, des systèmes, des habitudes, des outils ou des façons de fonctionner devenues trop lourdes.
À force, nous pouvons construire une vie qui demande énormément d’énergie simplement pour continuer à fonctionner telle qu’elle est.
Je cherche au contraire à préserver suffisamment de souplesse pour pouvoir évoluer.
Cela signifie avoir une maison qui ne me retient pas, un business qui ne monopolise pas toute mon énergie et un agenda dans lequel il reste encore de la place.
Quand nous avons quitté la France il y a six ans, j’ai compris que j’étais attachée émotionnellement à certains objets. Mais j’ai aussi compris que l’essentiel ne se trouvait pas là.
Ce qui comptait réellement voyageait avec moi.
Ma famille, notre santé, nos projets, notre histoire et tout ce que nous étions en train de construire ensemble.
Le reste pouvait être laissé, donné, vendu ou racheté plus tard.
Aujourd’hui, je ne cherche plus à devenir une minimaliste parfaite. J’ai simplement trouvé une manière de vivre avec moins qui me ressemble.
Et surtout, une manière de construire une vie suffisamment légère pour pouvoir continuer à bouger, créer et changer de direction lorsque j’en ressens le besoin.
Finalement, je crois que c’est cela que je cherche à protéger depuis toutes ces années : la possibilité de choisir la suite.
Si vous avez l’impression que votre business fonctionne, mais qu’il est devenu trop lourd à porter, trop complexe à gérer ou qu’il ne correspond plus vraiment à la vie que vous voulez construire, c’est précisément le type de situation que nous pouvons regarder ensemble.
The Reset est une consultation stratégique de 90 minutes pour prendre du recul, faire le tri entre ce qui mérite d’être conservé, ce qui doit évoluer et ce qui peut simplement être supprimé.
L’objectif n’est pas de tout reconstruire.
L’objectif est de retrouver de la clarté, de prendre quelques décisions justes et de repartir avec une feuille de route adaptée à votre réalité.

