Il y a des décisions qui changent une journée, d’autres qui changent une carrière. Et puis, il y a celles qui changent complètement la trajectoire d’une vie.
Quand je regarde mon parcours aujourd’hui, je réalise que ma vie est finalement une succession de décisions.
Certaines ont été prises très jeune, certaines presque par hasard et d’autres, après des années de réflexion.
Parmi ces décisions, je dois reconnaître qu’il y en a une que je regrette profondément. Mais, heureusement, il y en a beaucoup que je referais sans hésiter.
Avec mon expérience, je pense que construire une vie qui nous ressemble, ça commence avant tout par prendre des décisions qui nous ressemblent.
Alors aujourd’hui, j’ai envie de vous raconter les grandes décisions qui ont véritablement changé ma vie et ce qu’elles m’ont appris.
🎥 Et si vous préférez découvrir cette réflexion en vidéo…
Dans cette vidéo, je vous partage les décisions qui ont changé ma vie, celles que je referais sans hésiter et celle que je ne reprendrais jamais.
À 14 ans, j’ai choisi mon métier
La première grande décision de ma vie remonte à mes 14 ans. Comme beaucoup d’adolescents de ma génération, j’ai passé un bilan d’orientation.
On remplissait des questionnaires et, en fonction de notre personnalité, de nos résultats scolaires et de différents critères, on nous proposait des métiers qui pourraient nous correspondre. Parmi mes résultats, plusieurs métiers du domaine du social sont ressortis. J’ai donc voulu creuser cette question et c’est ainsi que j’ai décidé de devenir éducatrice spécialisée.
Ca parait simple, non ?
En réalité, cela ne l’était pas autant qu’il n’y paraît. En effet, je n’avais que 14 ans et ma mère refusait catégoriquement que je choisisse cette branche car elle avait peur pour moi, peur de l’environnement auquel j’allais être confrontée.
Pourtant, comme cela allait devenir mon habitude, j’ai tout de même été au bout de mon choix même s’il allait à l’encontre des “normes”.
J’ai donc fait mon petit bout de chemin pour atteindre ce premier grand objectif de ma vie. Cependant, il y a quelque chose auquel je ne m’attendais absolument pas. C’était la solitude à laquelle j’ai dû faire face pendant toutes ces années de formation au métier que j’avais choisi.
Ainsi, j’ai dû faire beaucoup de choses seule comme aller au CIDJ pour récupérer des informations sur le métier, les études et différentes formations à suivre.
A l’époque, il n’y avait pas internet et toutes les informations, il fallait aller les chercher dans les magazines spécialisés que l’on trouvait le plus souvent dans les centres d’orientation.
Malgré ces obstacles, j’ai réussi à m’inscrire dans un lycée qui proposait une orientation sciences médico-sociales, puis j’ai choisi mon école de travailleurs sociaux.
Finalement, cette première décision m’a appris quelque chose que je retrouverai plusieurs fois dans ma vie : prendre une décision qui nous ressemble signifie, parfois, accepter de marcher seule pendant un moment.
Je suis devenue entrepreneure… presque par hasard
La deuxième grande décision qui a bouleversé ma vie a été de devenir entrepreneure. Et, au risque de vous surprendre, cela ne faisait absolument pas parti de mes rêves.
Avant de prendre cette décision, j’étais épanouie dans mon métier d’éducatrice spécialisée dans le domaine de la protection de l’enfance en danger. Mais ma carrière a pris un tournant lorsque j’ai déménagé dans un nouveau département et que j’ai voulu travailler dans les services de celui-ci. Le contraste entre les conditions de travail entre les deux départements était assez violent, si bien, que j’ai préféré refuser un CDI.
C’est alors que je me suis dit que j’allais prendre quelques mois pour réfléchir à la suite que j’allais donner à ma carrière.
Puis, contre toute attente, mon entourage a commencé à me solliciter sur des questions portant sur l’éducation des enfants, des problématiques familiales, leurs relations de couple… . A ce moment-là, je me dit : « Pourquoi ne pas proposer mes services ? »
Et c’est ainsi qu’a commencé mon aventure entrepreneuriale, presque par hasard.
Les années sont passées, je me suis passionnée pour l’entrepreneuriat. Et surtout, j’ai découvert quelque chose qui allait devenir essentiel dans ma vie : la liberté.
Cette liberté temporelle et géographique a pris une tout autre dimension lorsque je suis devenue maman, je pouvais alors organiser mon travail autour de ma vie.
À ce moment-là, je n’imaginais absolument pas redevenir salariée.
L’entrepreneuriat m’avait offert une indépendance que je n’avais pas anticipée lorsque je m’étais lancée mais dont j’avais tant besoin.
Nous avons décidé de partir vivre à l’étranger
Quelques années plus tard, une autre décision allait profondément transformer notre vie familiale …
Avec mon mari, nous avons décidé de vivre à l’étranger avec nos enfants.
Cette décision a été mûrement réfléchie. Ainsi, pendant plusieurs années, nous avons visité différents pays pour voir si nous pouvions nous y projeter.
Lorsque nous avons choisi notre destination, nous avons préparé minutieusement notre départ durant plusieurs mois, de la budgétisation, aux démarches administratives en passant par penser à tout ce dont nous aurions besoin sur place pour vivre avec les enfants et qu’ils vivent au mieux cette expérience.
Pour être honnête, si nous avons pu concrétiser ce projet c’est parce que justement, mon entreprise connaissait une forte croissance. Ainsi, mon chiffre d’affaires permettait de soutenir ce projet et permettait à mon mari de quitter son poste de cadre manager à la SNCF afin de se lancer, lui aussi, dans l’entrepreneuriat.
Encore une fois, nous avons dû faire face à certains de nos proches qui, à ce jour, n’acceptent toujours pas notre choix. Heureusement, nous avons également eu la surprise d’être soutenus par des personnes dont nous n’attendions pas ce geste.
Cela m’a rappelé ma première décision concernant mon choix d’orientation et de carrière.
Des années plus tard, je me retrouvais donc une fois de plus sur un chemin qui n’était pas forcément celui que tout le monde aurait choisi.
Mais si vous me demandez aujourd’hui « Est-ce que tu reprendrais cette décision ? »/
Je dirai oui, sans hésitation aucune !
Pour moi, pour notre famille, cela a été l’une des meilleures décisions que nous ayons prises.
Nous avons adoré notre vie à l’Île Maurice. Nous adorons notre vie actuelle aux États-Unis. Et je sais qu’à l’avenir, peu importe où nous serons, nous serons capables d’aimer notre vie parce que nous la vivrons ensemble, en famille.
Et il y a une nuance importante que j’aime rappeler : nous ne sommes pas partis avec l’idée :« On quitte la France» pour la fuir. Nous sommes partis parce que nous avions envie de vivre une expérience personnelle et familiale à l’étranger.
Nous voulions nous autoriser à vivre ailleurs. Et cette nuance change tout.
La décision que je ne reprendrais jamais
Et puis il y a cette décision, celle que je ne reprendrais absolument pas.
Pour replacer les choses dans leur contexte, durant la période où mon business fonctionnait extrêmement bien, je réalisais plusieurs centaines de milliers d’euros de chiffre d’affaires.
Et j’ai décidé d’aller encore plus loin afin d’atteindre le fameux million de CA dont se vantent pas mal d’entrepreneurs du web. Pour cela, je me suis faite accompagner par un marketeur.
J’ai alors voulu lancer un logiciel informatique à destination des formateurs indépendants. Sauf que, j’ai très rapidement découvert l’envers du décor ce type de projet. Entre la gestion du projet, le management d’une équipe de développeurs, le marketing, les deadlines à respecter, je me suis retrouvée à gérer des choses qui ne me ressemblaient absolument pas et à travailler à un rythme contre nature pour moi.
Tous les matins, je me levais en pensant à tout ce que j’allais devoir gérer. Et lorsque vous commencez à vous lever le matin en vous disant « Je dois encore faire ça… puis ça… puis ça… », c’est qu’il faut peut-être commencer à se poser des questions.
Ce projet m’a épuisée mentalement, nous y avons perdu beaucoup d’argent et même si l’on dit que l’on apprend de ses échecs, celui-ci m’a couté plus cher que ce qu’il m’a appris.
Cette décision m’a surtout coûté cher en termes de santé puisqu’elle m’a menée au burnout.
Et le plus ironique dans tout cela, c’est que j’étais entrepreneure depuis plus d’une douzaine d’années, j’aimais profondément cette liberté que ce projet m’a, en quelque sorte, volée.
Cette expérience m’a amenée à un moment où je me suis même demandé si je n’allais pas tout abandonner pour redevenir salariée.
Donc si tu demandes encore si je reprendrai cette décision, je peux te confirmer que j’y renoncerai absolument.
Quitter quelque chose qui fonctionne est parfois beaucoup plus difficile
Il y a aussi cette autre décision qui a changé ma vie : celle de quitter les réseaux sociaux ainsi que le coaching et le mentorat business tels que je les pratiquais.
Cette décision peut sembler assez logique aujourd’hui compte tenu de mon évolution,mais vous savez ce qui a été le plus difficile ?
Ce n’était pas de quitter quelque chose qui ne fonctionnait plus mais plutôt de quitter quelque chose qui fonctionnait très bien et m’apportait du chiffre d’affaires.
Dans ce cas, pourquoi avoir tout arrêté ? A ce moment-là, je commençais à me sentir mal à l’aise entre les services que je proposais et l’image négative à laquelle le coaching faisait de plus en plus référence. Il commençait à y avoir un décalage entre ma vision et ce que j’étais en train de faire.
Avec le recul, je réalise en fait, que j’étais en pleine mutation, j’étais en train de devenir une autre entrepreneure, il fallait donc que mon activité évolue avec moi.
J’ai donc décidé de quitter une identité professionnelle qui avait pourtant très bien fonctionné pour moi, celle de web entrepreneure, coach, business mentor… pour aller vers quelque chose qui me correspond davantage aujourd’hui : le conseil stratégique.
Et je vais être honnête avec vous, cette période de transition a été difficile à traverser car il y avait toujours cette petite voix qui voulait que je retourne gagner facilement de l’argent avec un modèle qui avait déjà fait ses preuves pour moi alors que j’allais vers l’inconnu.
Puis il y a aussi eu ces questions : est-ce que je vais réussir ? est-ce que je vais réussir à assumer ce que je veux réellement ?
Et pendant cette période, je ne savais plus comment me définir professionnellement à tel point que certains pensaient que j’étais simplement femme au foyer alors que je continuais évidemment à travailler en arrière-plan. Bien entendu, cela a été assez difficile à vivre.
Avec le recul, je crois pourtant que cette décision était nécessaire parce qu’à un moment donné, quand quelque chose ne nous convient plus, continuer simplement parce que ça fonctionne n’est plus une option.
J’aime beaucoup utiliser aujourd’hui le mot congruence parce que je ne voulais plus seulement être « alignée ». Je voulais que mes choix, ma façon de travailler, mon quotidien et la personne que j’étais devenue soient réellement cohérents.
Je ne voulais plus subir quelque chose qui ne me convenait plus simplement parce que cela fonctionnait.
Et finalement, c’est peut-être ça qui a été le plus grand changement et, aujourd’hui, j’ai beaucoup moins besoin de me définir. Je fais des choses que j’aime et finalement, cela me suffit.
La vie est une succession de décisions
Quand je regarde ma vie aujourd’hui, je me dis que finalement… la vie est une succession de décisions. Il y en a une que je regrette profondément, c’est vrai.
Mais heureusement, il y en a tellement plus que je referais sans hésiter.
Et je crois que c’est cela que j’ai envie de continuer à faire : prendre des décisions qui me ressemblent, construire une vie qui me ressemble même si parfois, cela signifie aller à contre-courant, devoir faire face à l’incompréhension de mon entourage, avoir du courage ou encore devoir avancer de façon solitaire.
Parce qu’au fond, il y a une chose que j’ai comprise au fil des années : ne pas prendre de décision, c’est déjà en prendre une. C’est choisir de laisser les choses telles qu’elles sont.
Alors aujourd’hui, je préfère me poser régulièrement cette question : est-ce que la vie que je suis en train de construire me ressemble encore ?
Parce que la personne que j’étais il y a dix ans n’est plus exactement celle que je suis aujourd’hui. Mes priorités, ma famille, mon entreprise ont changé et, moi aussi, j’ai changé. Je crois qu’il n’y a rien de plus normal.
Si vous avez envie d’aller plus loin dans cette réflexion, je vous offre un extrait audio du livre pour vous permettre d’en découvrir les premières pages.
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Et vous, quelle décision êtes-vous en train de repousser ?
Peut-être que vous êtes aujourd’hui dans une situation qui fonctionne.
Votre entreprise, votre carrière, votre quotidien fonctionnent mais quelque chose, à l’intérieur, vous dit que ce n’est plus vraiment ce que vous voulez.
Et c’est parfois là que les décisions deviennent difficiles à prendre.
Comme je l’ai déjà dit, il est beaucoup plus simple de quitter quelque chose qui ne fonctionne pas, que de quitter quelque chose qui fonctionne…mais qui ne nous correspond plus.
Je crois pourtant que c’est précisément dans ces moments-là qu’il faut accepter de prendre du recul, pas forcément pour tout quitter mais au moins pour se poser honnêtement la question :
« Est-ce que je suis encore en train de construire la vie que j’ai réellement envie de vivre ? »
C’est peut-être l’une des questions les plus importantes que nous puissions nous poser même si, parfois, la réponse va nous demander d’aller à contre-courant.
Mais après tout, la vie est trop courte pour passer son temps à vivre des décisions qui ne sont plus les nôtres.

