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Solitude choisie : avoir peu d’amis sans rejeter les autres

J’ai 43 ans, très peu d’amis, et c’est un choix.

Dit comme ça, la phrase peut sembler froide. Elle peut même donner l’impression que je rejette les autres. Pourtant, c’est l’inverse : choisir de ne pas remplir chaque espace de ma vie sociale me permet d’être vraiment présente pour les personnes que j’aime.

Je suis quelqu’un de sociable. Je parle facilement, je crée facilement du lien et je rencontre régulièrement des personnes très attachantes. Mais créer un lien n’oblige pas à le transformer en proximité. Nous n’avons pas besoin que chaque rencontre devienne une amitié profonde.

Le calme n’est pas un vide à combler

Depuis toujours, j’aime faire beaucoup de choses seule. Faire les magasins, travailler dans le silence, boire un café sans parler à personne, réfléchir : ces moments ne me donnent pas le sentiment d’être isolée. Ils me ramènent à moi.

J’ai compris avec le temps que ce que je cherchais le plus n’était pas uniquement la solitude, mais le calme. Le calme me permet de retrouver mon énergie, mes pensées et mon propre rythme. Ce n’est pas un repli. C’est un espace de ressourcement.

Après un burnout, ce besoin est devenu encore plus clair. Les stimulations sociales peuvent me fatiguer très vite ; protéger ma paix intérieure est donc une manière de mieux prendre soin de moi

et d’être plus disponible lorsque je choisis d’être avec les autres.

La qualité d’un lien compte plus que sa fréquence

Pour moi, une relation amicale ne se mesure ni au nombre de messages échangés ni au nombre de sorties dans l’agenda. Elle se reconnaît à sa réciprocité.

J’aime l’idée d’une « danse de la communication » : je parle, l’autre écoute et réagit ; l’autre parle, je l’écoute à mon tour. L’échange circule. Il n’y a pas une personne qui porte tout, conseille tout ou écoute tout pendant que l’autre prend toute la place.

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Une relation qui ne va que dans un sens peut être épuisante. Surtout quand on a naturellement une posture d’écoutante : on finit parfois par devenir la coach gratuite de service. Or, donner son temps est précieux. Il est normal de vouloir le donner dans un lien où l’on se sent aussi considérée.

Être ensemble sans devoir remplir le silence

Les relations qui me font du bien ne demandent pas de jouer un rôle. Elles laissent de la place au silence, au calme et à la simplicité.

Par exemple, j’adore l’idée de rejoindre une amie dans un café pour travailler chacune de notre côté. Quelques minutes pour prendre des nouvelles, puis chacune se concentre sur ce qu’elle a à faire. Nous sommes ensemble, sans avoir à produire une conversation en continu. C’est une présence douce, sans performance.

Je préfère deux ou trois relations dans lesquelles je peux être pleinement moi-même à dix relations qu’il faudrait constamment alimenter pour qu’elles continuent d’exister.

Solitude choisie et isolement : une distinction importante

La solitude choisie et l’isolement subi ne sont pas la même chose.

La solitude choisie ressource : elle donne de l’espace, du calme et de l’élan. L’isolement, lui, peut peser. Je le ressens davantage depuis que je vis aux États-Unis, même si mon quotidien n’a pas radicalement changé. Cette nuance compte : il ne s’agit pas de romantiser la solitude, ni de prétendre que personne n’a besoin de lien.

On peut aimer être seule et rester ouverte à une vraie connexion humaine. Si je rencontre une personne avec qui le lien est juste, profond et réciproque, je lui ferai de la place. Le sujet n’est pas d’atteindre un quota d’amis, mais de ne pas chercher à combler un vide par réflexe.

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Choisir à qui l’on donne son temps

Une journée ne fait que 24 heures. Chaque heure donnée à une relation est une heure que l’on ne peut pas consacrer à ses enfants, son couple, sa santé, ses projets, son travail, son repos ou simplement à soi.

Faire ce choix ne fait pas de nous des personnes froides. Cela signifie que nous décidons consciemment ce qui mérite une place dans notre vie. Certaines relations nous nourrissent. D’autres nous laissent épuisées. Apprendre à faire la différence est une forme de respect pour notre énergie.

J’ai peu d’amis, non pas parce que je n’aime pas les gens, mais parce que je veux pouvoir être réellement présente pour les personnes que je choisis d’aimer.

Et vous : la solitude vous ressource-t-elle, ou vous pèse-t-elle parfois ?

Faire de la place à ce qui compte vraiment

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